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Projets en développement durable

Traitement écologique d’une colonie d’herbes à puce (CGVMSL)

Utilisation d’un herbicide naturel et sélectif pour éradiquer des colonies d’herbe à puce

Nom de l’entreprise : Corporation de Gestion de la Voie Maritime du Saint-Laurent
Secteur d’activité
: Transport maritime
Personne-ressource :
M. Jean-Luc Déziel, Corporation de gestion de la Voie Maritime du St-Laurent, responsable du développement durable (450-672-4115, ext. 2250).

Description du projet :
La Corporation de Gestion de la Voie Maritime du St-Laurent (CGVMSL) était historiquement aux prise avec des colonies d’herbe à puce situées près du fleuve St-Laurent et à certains endroits où les employés devaient avoir accès pour attacher des navires ou réaliser certaines tâches reliées à l’entretien et à la sécurité maritime, en bordure des canaux de navigation.

Dans les dernières années, il y avait eu des incidents de santé/sécurité où des employés avaient été incommodés par l’herbe à puce et avaient dû manquer du temps de travail. Historiquement, la CGVMSL utilisait un herbicide chimique nommé « Round-Up », mais cet herbicide ne faisait qu’assécher la plante pendant quelques années et la colonie d’herbe à puce repoussait après avoir refait ses forces. Arracher les plants manuellement aurait été une autre solution, mais étant donné la grandeur de la superficie atteinte et les risques de santé/sécurité pour les employés de la CGVMSL reliés à ce travail, cette solution n’était pas applicable. La CGVMSL a aussi envisagé recouvrir les zones infectées avec des toiles géotextile, mais la plante aurait sûrement réussi à faire sortir des petites pousses sur les zones non couvertes et recoloniser le secteur.

Il est à noter que l’herbe à puce est une des espèces végétales les plus difficiles à éradiquer et qu’un seul plant mature de cette espèce peut couvrir à lui seul jusqu’à 100 m2. Toutes les tiges sont des clones de la même plante et sont reliées par le même réseau racinaire, ce qui rend les colonies d’herbe à puce très difficile à traiter. En plus, elles peuvent entrer en dormance pendant quelques années si elles ont été affaiblies par un herbicide et repousser à nouveau une fois que la plante a refait ses forces, en puisant dans ses réserves et ses graines qu’elle laisse dans le sol.

Après quelques recherches auprès de biologistes et d’agronomes spécialisés sur ces questions, il est apparu clair à la CGVMSL qu’utiliser un herbicide de contact non sélectif (de type « Round-up »), qui assèche toutes les plantes dont le feuillage a été touché, n’était pas la bonne approche. En plus, l’ingrédient actif de l’herbicide historiquement employé (« Round-Up »), le glyphosate, se bio-accumule dans les organismes marins qui y sont exposés.


Les endroits à traiter par la CGVMSL étaient situés à seulement quelques mètres de la voie navigable, et il nous fallait donc trouver un herbicide qui avait peu ou aucun impact sur la vie aquatique. Ces recherches ont mené le département de développement durable de la CGVMSL vers un produit breveté de la compagnie HerbaNatur, homologué par Santé Canada, comme un herbicide à faible impact et qui ne nécessite pas de zone tampon pour son application près des cours d’eau. Ce produit est constitué principalement de sel (NaCl), et nécessite un plus grand nombre d’applications que d’autres herbicides chimiques. Cependant, cet herbicide naturel est sélectif et s’attaque uniquement à l’herbe à puce, en laissant les graminées intactes.

Finalement, il ne fera pas qu’assécher ou affaiblir la plante, il l’éradiquera complètement.
Après 2 saisons d’application de ce produit, la CGVMSL a eu un bon succès, en éliminant complètement l’herbe à puce sur une zone de plus 2000 m2. Il est prévu qu’un nouveau secteur d’environ 300 m2 sera traité à l’été 2013, là où l’herbe à puce est encore persistante. Notons qu’aucune perte de temps de travail dû à l’herbe à puce n’a été enregistrée par les employés de la CGVMSL affectés à des travaux de chantier dans les zones traitées avec l’herbicide naturel, en 2011 et 2012.


Types de gains environnementaux :
diminution de la pollution de l’eau de surface par ruissellement, diminution des produits chimiques utilisés pour combattre l’herbe à puce.

Quantifications des gains environnementaux :
remplacement de produits chimiques par un produit naturel

Quantifications des gains liées à la sécurité et à l’économie :
aucune perte de temps rapporté par les employés de la CGVMSL dû à l’herbe à puce dans les zones traitées en 2011 et 2012.

PDF :

Suppression de l’herbe à la puce - Voie maritime St-Laurent